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dimanche 11 décembre 2016

Alaouites?

SYRIE, MOYEN-ORIENT, RÉVOLTE EN SYRIE

Syrie: qui sont vraiment les alaouites ?

Par Laurent Ribadeau Dumas@GeopolisFTV | Publié le 21/02/2012 à 17H30, mis à jour le 09/09/2016 à 14H57

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Musulman lisant Coran dans mosquée Rouqayya dans vieille ville Damas
Musulman lisant le Coran dans la mosquée Rouqayya dans la vieille ville de Damas© AFP - Photononstop - Frédéric Soreau
Les membres du clan de Bachar Al Assad, qui gouverne la Syrie depuis 1970, sont pour la plupart de confession alaouite (environ 10 % de la population du pays), considérée comme une branche du chiisme. Quelques clefs pour appréhender un phénomène politico-religieux fort complexe.

Pour les spécialistes, les alaouites appartiennent à une secte chiite hétérodoxe (qui s'écarte de la doctrine). «Secte» au sens où on l’entend pour d’autres minorités religieuses: ismaéliens, druzes... Comme les chiites, ses adeptes vouent un culte à la figure d’Ali, gendre du prophète Mohammad. Leur doctrine aurait été élaborée au IXe siècle en Irak par un disciple dissident du dixième imam Ali Al Hadi. Aujourd’hui, la minorité alaouite est surtout présente dans le nord-ouest de la Syrie, notamment dans la montagne et sur la côte, autour de la ville de Lattaquié.
La pratique et l’organisation de la religion sont souples. En général, la prière se fait dans l’intimité du foyer, rarement dans une mosquée. Seuls les hommes sont initiés aux secrets de la doctrine pendant leur adolescence. De leur côté, les femmes ne portent pas le hijab, à quelques exceptions près dans les villes. L’alcool est toléré. Les adeptes ignorent le jeune et le pèlerinage à la Mecque. Ils croient en la réincarnation et célèbrent une forme d'eucharistie à l'aide de pain et de vin. Leur religion est un mélange d'éléments venus du chiisme, du christianisme byzantin et de cultes hellénistiques. Ils célèbrent des fêtes aussi bien musulmanes que chrétiennes.


Une minorité longtemps méprisée
Même si le grand mufti de Jérusalem a reconnu officiellement en 1936 l’alaouisme comme une confession musulmane, les sunnites ont toujours considéré ses pratiquants comme des hérétiques. Ce «sont les pires ennemis des musulmans et le jihad contre eux est un grand acte de piété», écrivait déjà au Moyen Age le penseur sunnite Ahmad Ibn Taymiyya. Jusqu’au XXe siècle, la minorité alaouite a toujours subi humiliations et persécutions, vivant retirée dans sa région d’origine, notamment dans les montagnes surplombant la côte nord-ouest. Sous les Ottomans, les seuls de ses membres tolérés dans les villes étaient… les domestiques. En 1920, l’occupant français créé un «Etat des alaouites» mais doit y renoncer sous la pression des milieux nationalistes.
Le minaret mosquée Omeyyades à Damas
Le minaret de la mosquée des Omeyyades à Damas © AFP - Photononstop - Frédéric Soreau

Peu à peu, les alaouites commencent à s’intégrer dans la société. Dans les années 40 et 50, ces partisans de l’idéologie laïque du parti Baas deviennent militaires et fonctionnaires. La prise du pouvoir par le général Hafez Al Assad, père de l’actuel président Bachar Al Assad, leur ouvre les portes du pouvoir.


Les alaouites identifiés au chiisme
Après 40 ans d’une dictature sans partage, les Syriens ont tendance à identifier les adeptes de l'alaouisme au clan Assad, qui n’hésite pas à faire tirer sur les mosquées. Et dans tout le monde arabe sunnite, de plus en plus opposé au chiisme, le régime alaouite de Syrie, dont l’un des derniers alliés est l’Iran chiite, est assimilé à cette confession, «pour des raisons plus politiques que religieuses», rappelle Olivier Roy, spécialiste de l’islam. Ce qu'on appelle aussi la «chiitisation» de la minorité religieuse.
Aujourd’hui, nombre d’alaouites redoutent, en cas d’effondrement du régime, une revanche sanglante de la part de leurs compatriotes sunnites. Dans ce contexte, ils pourraient être tentés de constituer un réduit dans leur région d’origine. Un tel processus est d’ailleurs en gestation. Les villes sunnites de Tal-Kalash et Jisr Al-Choughour, en périphérie de la région alaouite, ont ainsi été victimes d’un phénomène de purification ethnique : l’armée fidèle à Bachar Al Assad a laissé les habitants fuir vers le Liban et la Turquie.
Les alaouites de Turquie craignent la chute de Bachar Al Assad, AFP, 10-12-2011
Repris à: http://geopolis.francetvinfo.fr/syrie-qui-sont-vraiment-les-alaouites-2792

samedi 17 septembre 2016

Leonardo da Vinci et William Tyndale

Leonardo da Vinci et William Tyndale
au fil de l'eau
*  *  *
Iconographie

https://fr.vikidia.org/wiki/L%C3%A9onard_de_Vinci

Saint Jean-Baptiste -- Leonardo da Vinci
http://technologies.c2rmf.fr/iipimage/showcase/zoom/HD5


Articles et extraits
https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Tyndale


William Tyndale ou Tindale (né dans le Gloucestershire en 1494 - exécuté par strangulation le 6 octobre 1536 à Vilvorde) est un protestant anglais connu comme le premier traducteur du Nouveau Testament depuis le texte grec dans une langue moderne (le moyen anglais). Brillant érudit, il parlait l'hébreu, le grec, le latin, l'espagnol et le français, « si bien que chacune de ces langues aurait pu être sa langue maternelle ».

Influencé par les idées réformatrices de Martin Luther, Tyndale avait rencontré Érasme de Rotterdam, avait découvert son Nouveau Testament grec-latin et s'était mis à le traduire en anglais. Dans un premier temps, il rechercha la protection de Tunstall, évêque de Londres, mais lorsque ce dernier apprit ses intentions, il lui refusa l'accès à son palais de Lambeth.

S'il existait déjà au Moyen Âge plusieurs versions partielles ou romancées des récits bibliques en langue vernaculaire (vieil anglais, anglo-normand), le courant initié par la publication de la Bible de John Wycliffe fut condamné et la détention non autorisée des Saintes Écritures en anglais était passible en Angleterre de la peine de mort. La traduction de Tyndale est tout à la fois la première bible traduite depuis les textes originaux (à savoir la version en hébreu pour l'Ancien Testament, et le texte grec pour le nouveau Testament), la première édition anglaise imprimée, et la première bible protestante.

Elle fut un défi jeté à l’autorité de l'Église Catholique et à la législation religieuse anglaise. En 1530, Tyndale écrivit un pamphlet : The Practyse of Prelates, par lequel il dénonçait le divorce de Henri VIII comme contraire aux Saintes Écritures. Tyndale dut aller dans le Saint Empire pour étudier l'hébreu, car en Angleterre l'Édit d'Expulsion (1290) interdisait activement les livres en hébreu. Mais en ce début de XVIe siècle, les écrits en grec ancien devenaient, pour la première fois depuis des siècles, accessibles à la communauté savante d'Europe.

Fort des manuscrits rendus disponibles par la diaspora des érudits byzantins depuis la Chute de Constantinople (1453), Érasme venait de traduire et d'éditer, sous le titre (ironique) de « Textus Receptus » le texte grec des Saintes Écritures, dépassant la Vulgate. Tyndale, qui partageait l'idéal humaniste d’Érasme, choisit pour sa traduction l’anglais courant (plutôt que l’anglo-normand, plus relevé), langue alors jugée vulgaire, maladroite et roturière ; tout juste l'améliora-t-il par des tournures inspirées du grec classique et l’emploi de mots hébreux « anglicisés », initiative qui fut l'acte de naissance du moyen anglais, qui sera la langue de Shakespeare et des grands auteurs de l'ère élisabéthaine. Lorsqu’en 1534 le roi Henri VIII lut le manifeste de Tyndale intitulé « La Soumission du Chrétien » (The Obedience of a Christian Man), il y trouva des raisons de rompre avec Rome.

En 1535, Tyndale fut arrêté et jeté dans les geôles du château de Vilvorde, non loin de Bruxelles. Jugé en 1536, il fut convaincu d’hérésie, exécuté par strangulation, et son cadavre brûlé au bûcher. Ses dernières paroles, par lesquelles il formait le vœu « que le roi d'Angleterre ouvre les yeux », furent presque exaucées moins de deux années plus tard, avec l'impression de la « version autorisée du roi Henri » (Great Bible) destinée à l'Église d'Angleterre — et qui reprenait largement le texte de Tyndale.

Par là, la « Bible Tyndale », comme on l'appelait, contribua à l'essor de la Réforme dans le monde anglophone et tout l’Empire britannique. Elle exerça aussi une influence profonde sur la Bible de Genève, qui fut celle de la colonie de Jamestown (fondée en 1607) et du Mayflower (1620). Il n’est pas anodin qu'en 1611, les 54 érudits chargés par le Roi de compiler la Bible du roi Jacques, se soient, à leur tour, beaucoup inspiré de la traduction de Tyndale, et des traductions qui s'étaient appuyées dessus. Selon une étude, le Nouveau Testament de la Bible du roi Jacques reprendrait 83 % de la « Bible Tyndale », et l’Ancien Testament, 76 %.